Ordre d'expulsion contre un haut responsable de l'Onu au Darfour



Les autorités du Sud-Darfour ont ordonné l'expulsion de Wael al Haj Ibrahim, le principal responsable humanitaire de l'Onu présent dans cet Etat du Soudan. Elles l'accusent de violation des règles de l'action humanitaire.

Al Haj Ibrahim, Canadien d'origine palestinienne, dirigeait le Bureau de coordination de l'aide humanitaire des Nations unies (OCHA) dans la ville de Nyala. Ce bureau est chargé de l'aide destinée à environ un million de personnes déplacées au Darfour.

Cela représente près de la moitié du nombre de total de personnes qui, selon des experts indépendants, disent avoir été contraintes à fuir leurs habitations au Darfour en quatre ans et demi de conflit. Celui-ci oppose les forces gouvernementales, leurs milices arabes alliées et les groupes rebelles darfouris.

"Les Nations unies sont vivement préoccupées par les implications de cette décision", a déclaré Marie Okabé, porte-parole des Nations unies, ajoutant que l'ordre d'expulsion lancé par le gouverneur du Sud-Darfour n'obligeait pas al Haj Ibrahim à quitter le Soudan. Selon Marie Okabé, cette expulsion viole certains accords signés entre les Nations unies et le gouvernement soudanais pour faciliter l'acheminement de l'aide au Darfour.

Les Nations unies ont précisé que l'ordre d'expulsion du gouverneur du Sud-Darfour accuse al Haj Ibrahim de violation des "règles de l'action humanitaire", sans spécifier en quoi il en était coupable.
# Posté le jeudi 08 novembre 2007 06:55

Le Darfour au coeur de la conférence mondiale sur la prévention du génocide

Le Darfour au coeur de la conférence mondiale sur la prévention du génocide
Le Darfour est-il le théâtre d'un génocide? La question était au centre de débats au Congrès mondial sur la prévention des génocides, les experts s'opposant sur le terme exact décrivant les violences dans cette région de l'ouest du Soudan et sur les moyens d'y mettre fin.

A l'ouverture du congrès, qui rassemble jusqu'à samedi soir dans la métropole québécoise 500 participants et une cinquantaine de conférenciers, les organisateurs ont projeté une vidéo rassemblant les témoignages de survivants de l'Holocauste, du génocide rwandais de 1994, mais aussi de la crise actuelle au Darfour.

Le confit opposant les forces soudanaises et leurs alliés - les milices arabes janjawids - aux différents mouvements rebelles du Darfour a fait 200.000 morts depuis février 2003 et plus de deux millions de déplacés, selon des organisations internationales, ce que conteste Khartoum qui parle de 9.000 morts.

Plusieurs experts et membres d'ONG présents au Congrès de Montréal ont invité à "mettre fin au génocide au Darfour", d'autres - eux aussi préoccupés par la fin des violences - hésitent à utiliser le terme de génocide pour décrire la situation sur le terrain.

"Il y a certainement d'importantes violations des droits de l'Homme au Darfour comprenant une dimension ethnique... Est-ce que cela en fait un génocide? Malheureusement, la définition de la convention sur le génocide inclut un élément d'intention, une dimension psychologique qui est très difficile à prouver à partir des faits", explique Juan Mendes, conseiller de l'ancien secrétaire des Nations Unies, Kofi Annan, sur le génocide.

"Est-ce que (le président soudanais Omar) al-Béchir a l'intention de tuer tous les noirs au Darfour? non. Il veut les réduire d'une manière telle qu'ils ne présentent plus un danger politique et qu'ils laissent tomber leur terre de manière à pouvoir mettre les Arabes dessus et changer l'équilibre démographique (au Darfour)", pense Gérard Prunier, chercher au CRNS et spécialiste de l'Afrique de l'est.

"Ça a été un génocide en 2003-2004, mais aujourd'hui je dirais que c'est un truc bizarre difficile à définir", constate M. Prunier, auteur du livre "Le Darfour: un génocide ambigu".

"L'intervention humanitaire massive (...) a fait que ce n'était plus tellement possible de continuer à tuer sur le même rythme qu'avant", ajoute-t-il, précisant qu'il y a encore des "aspects génocidaires" lorsque par exemple des convois d'aide humanitaire sont pris pour cible, ce qui contribue à augmenter le taux de mortalité dans les camps de déplacés.

La mission de l'Union africaine au Soudan (Amis), forte de quelque 7.000 hommes, patrouille le Darfour et dans les prochaines semaines commencera le déploiement d'une force hybride ONU-Union Africaine comptant 26.000 hommes, une opération dont plusieurs experts doutent qu'elle permette d'endiguer les violences.

"Nous n'avons pas un nombre significatif de soldats sur le terrain, qui pourraient vraiment protéger les gens et nous n'avons pas non plus de processus de paix", regrette M. Mendes. Des responsables onusiens ont aussi fait état de problèmes logistiques de la mission hybride, notamment en ce qui concerne l'envoi d'hélicoptères.

Des pourparlers de paix intersoudanais sont prévus le 27 octobre en Libye, qui - comme la force hybride ONU-UA - ne serviront à rien pour régler la situation au Darfour, pensent certains experts.

Pour M. Prunier, il faudrait "aider" parmi les rebelles darfouris "ceux qui fonctionnent mieux que les autres" en leur fournissant des armes.
# Posté le dimanche 14 octobre 2007 08:49

L'Europe peine à intervenir autour du Darfour

L'Europe peine à intervenir autour du Darfour
Les militaires suédois hésitent à s'engager aux côtés des Français dans une force européenne qui doit se déployer dans l'est du Tchad.

L'EUROPE sur le flanc ouest du Darfour : dans le cadre de la vaste intervention internationale qui se prépare autour de la province soudanaise ravagée par la guerre civile, une force de l'Union européenne devrait se déployer dans l'est du Tchad. Sa mission : assurer la sécurité des réfugiés du Darfour (plus de 230 000 personnes) ainsi que des déplacés internes tchadiens (environ 170 000).


À Bruxelles, sur les murs de l'état-major de l'Union européenne, les cartes sont très africaines. Mis à part la Bosnie, la jeune Europe de la défense s'est pour le moment fait la main essentiellement au Congo-Kinshasa - par deux fois - et elle devrait le faire très prochainement au Tchad. Le patron de l'état-major, le général britannique David Leakey, est chargé de planifier l'opération. L'officier, qui fut le premier commandant de la force européenne en Bosnie quand fut pris le relais de l'Otan, se veut confiant. « Notre concept de gestion de crise a été adopté la semaine dernière, explique-t-il au Figaro, et les États membres doivent nous donner la semaine prochaine une indication sur les forces qu'ils peuvent engager. »

Le général Leakey ne cache pas que les temps sont durs. « Beaucoup des contributeurs potentiels sont déjà pas mal sollicités pour d'autres opérations », concède-t-il. En clair, les armées européennes les plus aguerries - au premier rang desquelles celles de la France, de la Grande-Bretagne ou de l'Allemagne - tirent la langue en raison des aventures afghanes, irakiennes ou autres.

La force devrait tourner autour de 3 000 hommes. Les éléments précurseurs pourraient partir en octobre, avec une force totalement opérationnelle au tournant de l'année. Mais, comme dans le cas de l'opération au Congo l'an dernier, le montage de l'opération européenne est laborieux.

À l'époque, les Français avaient tordu le bras aux Allemands pour qu'ils acceptent de prendre le commandement de l'affaire. « Ces derniers en gardent un mauvais souvenir et ils ne voulaient en aucun cas participer à l'aventure tchadienne, raconte un diplomate. Résultat, ils ont tout fait pour freiner le dossier pendant la présidence allemande. »

Le passage de relais aux Portugais, en juillet, a permis de débloquer l'affaire. Il est acquis que l'ossature de la force sera française, avec une participation à hauteur de la moitié des effectifs. La France fournit aussi le QG, qui va piloter l'opération au Mont-Valérien.

Mais, pour des raisons évidentes d'affichage dans une ancienne colonie française, il n'était pas question que Paris prenne la tête de la force. Tout semblait bouclé avec la perspective d'une forte participation suédoise : 1 500 hommes et le commandant en chef. Mais aujourd'hui, les difficultés internes à la Suède - avec notamment la démission du ministre de la Défense en raison de l'étranglement budgétaire - menacent cette belle option. Tous les regards sont désormais tournés vers Stockholm.

Un test pour l'avenir

Les autres contributeurs annoncés (Belges, Espagnols, Néerlandais et Polonais) n'ont pas prévu de s'engager au même niveau. « Le forfait suédois serait une catastrophe, poursuit la même source, au point de pouvoir remettre en cause l'opération. Avec les conséquences que l'on imagine sur l'avenir de la défense européenne. »

Pour la France, cette opération a un quadruple avantage. Elle permet d'abord un affichage en propre de la bannière européenne. Elle permet ensuite de s'impliquer dans la crise du Darfour sans s'engager au coeur de la province soudanaise. Elle offre des économies en effectifs et en logistique, puisque l'armée française peut s'appuyer sur ses éléments déjà stationnés au Tchad dans le cadre du dispositif Épervier. Enfin, Paris a obtenu que la zone de déploiement de la force soit prolongée jusque dans le nord de la Centrafrique, aux confins tchado-soudanais, où les parachutistes français se sentent un peu seuls pour prévenir toute nouvelle irruption rebelle.

L'opération européenne au Tchad a clairement valeur de test pour l'avenir. Politiquement, en mettant à l'épreuve la volonté des États membres. Techniquement, en validant ou non le concept d'« entrée en premier » d'une force européenne sur un théâtre d'opérations, passant ensuite le relais à une opération de l'ONU, comme cela est prévu au bout d'un an. La coordination avec les Nations unies va d'ailleurs être effective dès le départ, puisque l'organisation internationale doit déployer 300 policiers chargés de former les gendarmes tchadiens affectés à la sécurité des camps de réfugiés.

Quant aux menaces de certaines factions rebelles contre la force européenne, elles n'émeuvent guère le général Leakey. « Une force militaire dérange toujours du monde, dit-il. Nous avons un mandat robuste, des forces robustes, prêtes à agir avec robustesse... » Une vigueur pour l'heure moins évidente au niveau politique.
# Posté le vendredi 21 septembre 2007 04:48
Modifié le vendredi 21 septembre 2007 06:39

Darfour : quatrième journée internationale de sensibilisation au conflit

Des milliers de personnes ont manifesté à travers le monde à l'occasion de la quatrième journée internationale de sensibilisation au conflit du Darfour. Ces manifestants italiens à Rome accusent le président soudanais Omar el-Béchir d'avoir du sang sur les mains.

Tous réclament le déploiement rapide de la force de paix mandatée par l'ONU. Vendredi Omar el-Béchir a été reçu au Vatican puis par le Président du Conseil Italien Romano Prodi. A cette occasion le président soudanais a fait savoir qu'il était disposé à un cessez-le-feu avant la reprise des négociations avec les groupes rebelles. Des pourparlers de paix doivent se tenir à la fin du mois d'octobre en Lybie.

Autre initiative de sensibilisation du public, le groupe britannique Mattafix a enregistré un single dans des camps de réfugiés. Une chanson soutenue par le Prix Nobel de la Paix Desmond Tutu, les acteurs américains Don Cheadle et Matt Damon, et le chanteur Mick Jagger. L'ensemble des bénéfices seront reversées à des organisations humanitaires pour le Darfour.
En quatre ans et demi, le conflit a fait deux cent mille morts et plus de deux millions de déplacés.
# Posté le lundi 17 septembre 2007 03:58

Darfour – Journée mondiale le 15 septembre

Darfour – Journée mondiale le 15 septembre
La journée mondiale pour le Darfour du samedi 15 septembre mettra cette région au c½ur de l'actualité, mais les réfugiés et déplacés du Darfour de chaque côté de la frontière attendent surtout de la communauté internationale qu'elle se préoccupe du retour de la paix dans leur région par l'envoi de troupes dans les meilleurs délais.

La situation aussi bien au Tchad qu'au Darfour se détériore de jour en jour. Chacun voulant occuper le terrain avant l'arrivée des troupes au détriment des populations locales obligées de se déplacer, des réfugiés et des humanitaires qui tentent de les soutenir.

Depuis le vote de la résolution 1769 au Conseil de sécurité prévoyant le déploiement d'une force hybride (ONU/Union africaine) au Darfour et la décision de l'envoi d'une force européenne à l'est du Tchad, un retour à la paix est enfin envisagé. « Il faut que la communauté internationale agisse pour que le Darfour retrouve la paix. Beaucoup de gens sont prêts à repartir. Avec l'arrivée des Casques bleus, la paix va revenir, » espère le représentant des réfugiés du Darfour du camp de Farchana au Tchad. « Nous voulons la force de l'Onu pour nous protéger », dit en écho un déplacé du camp de Zalingei à l'ouest du Darfour côté soudanais.

Nouveaux déplacements au Tchad

Fruit d'un longue négociation sous l'égide de l'Union européenne, l'accord signé le 20 août entre le gouvernement et la principale coalition de l'opposition (une vingtaine de partis) prévoit un report des législatives initialement prévues en fin d'année, à 2009. Le temps de mettre en ½uvre toutes les mesures prises par cet accord.
À l'est du Tchad cependant, les conflits interethniques se poursuivent et provoquent de nouveaux déplacements de la population locale fuyant les violences. Le Sécadev, la Caritas du Tchad, doit de nouveau faire face à l'urgence : recensement des familles, distribution de produits de première nécessité et de rations alimentaires à plus de 500 personnes.

Explosion des factions au Darfour

Les accords d'Abuja de mai 2006, signés entre le gouvernement de Khartoum et le SLA, le mouvement de libération du Soudan, parti de Mini Minawi, mais refusés par les autres mouvements rebelles, ont provoqué leur explosion en une kyrielle de groupuscules. De plus, depuis janvier 2007, des factions arabes jusqu'alors inconnues, pour certaines issues de milices Janjawids, se sont multipliées par dépit de ne plus être payées, par crainte de se voir désarmées par le gouvernement, et par volonté comme les rebelles d'occuper le terrain avant le déploiement de la force hybride ONU-UA.

La lecture relativement simple jusqu'alors du conflit, lutte d'arabes contre Africains, s'en trouve d'autant plus compliquée. « Désormais, c'est tribu africaine contre tribu africaine, arabe contre arabe, éleveur de chameaux contre éleveur de chameaux », souligne le responsable du programme DERO (programme ACT-Caritas soutenu par le Secours Catholique) à Zalingei. L'insécurité est telle que, comme au Tchad, le nombre de déplacés a encore augmenté. 250 000 depuis janvier 2007. Fait nouveau, certains de ces déplacés viennent de tribus arabes.

La situation confuse et chaotique de chaque côté de la frontière, créée par un banditisme généralisé, rendu possible par un afflux d'armes à bon marché, limite l'accès des humanitaires aux populations. On comprend dans ces conditions que l'arrivée des forces armées soit très attendue.

# Posté le vendredi 14 septembre 2007 18:46
Modifié le vendredi 14 septembre 2007 23:50

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