Darfour: Omar el-Béchir prêt à un cessez-le-feu avec les forces rebelles

Le président soudanais Omar el-Béchir a déclaré vendredi que son gouvernement était prêt à un cessez-le-feu avec les rebelles dès le début des pourparlers de paix sur le conflit du Darfour qui s'ouvrent le 27 octobre prochain en Libye sous l'égide des Nations unies. Il a fait cette annonce lors d'un voyage officiel en Italie au cours duquel il a obtenu une audience avec le pape Benoît XVI.

"Nous avons dit que nous étions disponibles pour un cessez-le-feu au début des négociations afin de créer un climat positif", a dit el-Béchir au cours d'une conférence de presse à l'issue d'un entretien avec le président du Conseil italien Romano Prodi.

Très régulièrement, Khartoum a appelé à une trêve aussitôt violée par les parties en présence dans le conflit. Toutefois, certains chefs rebelles ont conditionné leur présence à Tripoli à un arrêt des hostilités.

"Nous espérons que les négociations de Tripoli seront les dernières et qu'elles apporteront une paix finale", a dit le président soudanais par le biais d'un interprète.

Dans un communiqué, le Vatican a émis l'espoir "sincère" que les pourparlers de Tripoli contribueront à mettre "fin à la souffrance et à l'insécurité" des populations du Darfour, "leur garantissant l'aide humanitaire à laquelle elles ont droit".

Omar el-Béchir est arrivé jeudi en Italie pour y rencontrer les dirigeants italiens et le pape Benoît XVI. Cette visite a suscité une polémique, notamment de la part de militants des droits de l'homme et de certains hommes politiques.

Vingt-sept membres du Parlement européen ont écrit à Romano Prodi pour lui reprocher la visite d'Omar el-Béchir.

Le président soudanais a rencontré vendredi à Rome le président du Conseil italien Romano Prodi, qui a qualifié cette visite d'"utile" pour inciter le Soudan à tenir ses promesses concernant le Darfour, quelques semaines avant le déploiement prévu d'une force de maintien de la paix.

Le pape Benoît XVI et le président el-Béchir se sont rencontrés dans la résidence d'été du souverain pontife à Castel Gandolfo, au sud-est de la capitale italienne, a annoncé le Vatican, qui n'a pas donné plus de détails dans l'immédiat. Le président du Soudan doit ensuite rencontrer le président Giorgio Napolitano.

Pour répondre au soulèvement de tribus noires au Darfour, le gouvernement soudanais est en effet accusé d'avoir soutenu des milices nomades arabes, les janjaweeds, qui ont perpétré des massacres et des atrocités. Le pouvoir soudanais nie toute responsabilité.

Environ 200.000 personnes ont été tuées et quelque 2,5 millions ont été déplacées depuis le début des violences dans la région, à la frontière avec le Tchad.
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# Posté le vendredi 14 septembre 2007 18:45

Darfour: reprise en octobre en Libye des pourparlers de paix

 Darfour: reprise en octobre en Libye des pourparlers de paix
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a conclu jeudi sa visite au Soudan sur l'annonce d'une reprise, en octobre en Libye, des négociations intersoudanaises pour mettre fin au drame du Darfour.

Un communiqué conjoint de l'ONU et du gouvernement soudanais précise que ces pourparlers entre le régime de Khartoum et les rebelles du Darfour, sans suite depuis 2006, reprendront le 27 octobre en Libye.

Cette annonce est intervenue après une rencontre du président Omar el-Béchir avec M. Ban, au troisième et dernier jour de sa visite au Soudan qu'il quittera vendredi pour se rendre au Tchad puis en Libye.

Le texte a été lu devant la presse alternativement par le chef de la diplomatie soudanaise, Lam Akol, et par M. Ban, en présence de M. Béchir.

Selon le communiqué, le gouvernement soudanais s'engage à "contribuer positivement à ce que ces négociations aient lieu", ainsi qu'à remplir "ses engagements envers une cessation totale des hostilités au Darfour" et l'application de l'accord de paix, mort-né, conclu à Abuja en mai 2006.

Il promet également de "travailler avec l'ONU et l'Union africaine (UA) pour faciliter le déploiement prévu de l'opération hybride Minuad" au Darfour.

Longtemps refusée par Khartoum, la décision de déployer cette force de 26.000 hommes a été prise fin juillet par le Conseil de sécurité de l'ONU afin de pacifier le Darfour où s'affrontent depuis février 2003 les forces gouvernementales et les milices qui lui sont alliées à des groupes rebelles.

Le conflit qui a fait 200.000 morts et plus de deux millions de déplacés, selon l'ONU, se poursuit avec son lot quasi-quotidien de violences. Khartoum conteste ces chiffres, parlant de seulement 9.000 morts.

A l'insistance de Khartoum, cette force sera majoritairement africaine. Elle remplacera une force de l'UA, mal équipée, mal financée et impuissante à protéger une population dans une région grande comme la France.

Le déploiement total de la Minuad n'est pas attendu avant le milieu de 2008.

Selon le communiqué, Khartoum réitère son engagement à protéger les civils et à organiser des élections nationales libres et équitables en 2009, incluant toutes les populations soudanaises, y compris celles du Darfour.

L'accord d'Abuja n'a été signé que par une seule faction rebelle (Mouvement/Armée de libération du Soudan, de Minni Minawi) et le gouvernement.

Depuis, les deux autres groupes rebelles ont éclaté et de nouvelles factions sont apparues. Huit d'entre elles se sont entendues début août à Arusha en Tanzanie sur une "plateforme" commune de revendications en vue de pourparlers avec Khartoum.

Elle porte sur les questions-clés du partage du pouvoir, de la répartition des richesses, des arrangements sécuritaires ou encore des problèmes liés à la terre.

Mais un influent dirigeant rebelle, Abdulwahid Nour, qui vit en exil à Paris, a boycotté la réunion. M. Ban, accompagné de son émissaire chargé du volet de la négociation politique, Jan Eliasson, a appelé M. Nour à sortir de son isolement.

Selon des sources onusiennes, le choix de la Libye comme siège des futurs pourparlers n'est pas indifférent, plusieurs chefs rebelles, dont M. Nour, ayant des liens avec ce pays.

M. Ban a loué le "rôle très constructif" joué par la Libye dans les efforts diplomatiques sur le Darfour et s'est dit satisfait de ses entretiens au Soudan. "Nous avons fait un grand pas vers notre objectif commun d'apporter la paix au Darfour", a-t-il estimé.

M. Ban et la délégation de haut rang de l'ONU ont effectué des visites de terrain à Juba (sud) et à Al-Facher au Darfour.

# Posté le vendredi 07 septembre 2007 07:42

Modifié le vendredi 07 septembre 2007 08:15

Darfour : pas besoin de soldats non Africains pour la force ONU-UA, selon Konaré

Darfour : pas besoin de soldats non Africains pour la force ONU-UA, selon Konaré
Les pays occidentaux sont en revanche appelés à financer l'opération

Le recours à des troupes non-africaines dans la force ONU-UA censée se déployer au début de l'année prochaine au Darfour ne sera pas nécessaire, a déclaré Alpha Oumar Konaré, le président de la commission de l'Union africaine, ce dimanche, à l'issue d'une rencontre avec le président soudanais Omar El Bechir. Les pays occidentaux sont néanmoins invités à contribuer financièrement à l'opération, chiffrée à plus de 2 milliards de dollars par an.


Par Maral Amiri

« Je peux dire que nous avons assez de promesses d'engagement de pays africains et que nous n'avons pas besoin de recourir à des pays non-africains », a déclaré Alpha Oumar Konare, ce dimanche, à Khartoum, à l'issue d'un rapide entretien avec le président soudanais Omar el Bechir. « La balle est maintenant dans le camp des Nations Unies », a ajouté le président de la commission de l'Union africaine.

Le chef de l'Etat soudanais a longtemps soutenu qu'une intervention de soldats non africains au Soudan serait une violation de la souveraineté de son pays et qu'il ne l'accepterait pas. Il n'en a pas moins accepté le déploiement d'une force hybride ONU-UA telle que décidée le 31 juillet dernier par le Conseil de sécurité de l'ONU.

La résolution 1769 prévoie le déploiement de 26 000 hommes (20 000 soldats et 6 000 policiers) au Darfour au début de l'année prochaine, afin de renforcer la force de l'UA (l'Amis), qui compte actuellement 7000 soldats sous équipés et mal payés. Au lendemain de son adoption, Omar el Bechir avait tenu à souligner que les forces non africaines ne seraient nécessaires que dans la mesure où les pays africains ne parviendraient pas seuls à mobiliser les 26 000 hommes prévus.

2 milliards de dollars par an

« [Nous] supportons la force d'Union Africaine, qui consolide les efforts du gouvernement soudanais pour assurer la sécurité, la paix et la stabilité au Darfour », a déclaré El Bechir suite à la rencontre avec Konare. Le Sénégal et le Malawi ont déjà promis d'envoyer des hommes au Darfour, Dakar ayant annoncé vendredi dernier le triplement de ses effectifs déjà sur place, passant de 538 à 1600 hommes. L'Union Africaine précise quant à elle que le Burkina Faso, le Cameroun, l'Egypte, l'Ethiopie et le Nigeria doivent également contribuer à cette force.

L'ONU, quand à elle, a annoncé il y a quelques jours que des pays comme l'Indonésie, le Pakistan, le Népal et le Bangladesh devraient également engager du personnel. Si les pays non africains n'envoyent pas de troupes au Soudan,ils n'en seront pas moins appelés à participer financièrement et matériellement à une opération dont le fonctionnement est chiffré à plus de 2 milliards de dollars par an.

Selon les Nations Unies, la composition définitive de l'Unamid sera décidée le 30 août prochain. Elle interviendra dans une région qui est depuis quatre ans le théâtre d'un conflit entre le pouvoir central, appuyé par des milices qu'il a armées, et des mouvements rebelles. On compte actuellement plus de 200 000 morts et 2,1 millions de personnes déplacées au Darfour.

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# Posté le mardi 14 août 2007 06:39

Les rebelles du Darfour prêts à la paix avec le Soudan

Sous l'égide de l'ONU et de l'Union africaine, ils ont offert un cessez-le-feu au gouvernement soudanais, avant des « négociations finales ».


UN ESPOIR de solution politique au Darfour ? Huit factions rebelles de cette province de l'Est soudanais ont annoncé hier s'être entendues sur une « plateforme » commune de revendications en vue de pourparlers de paix avec le gouvernement de Khartoum.


La plateforme porte sur « le partage du pouvoir, le partage des richesses, les arrangements sécuritaires, les problèmes liés à la terre et aux questions humanitaires, en vue de négociations finales », selon leur texte publié au terme de quatre jours de négociations à Arusha (Tanzanie).


Les rebelles se disent prêts à entreprendre des « discussions finales » de paix avec le gouvernement « d'ici deux à trois mois », et à « respecter une cessation complète des hostilités à partir du moment où toutes les autres parties prennent des engagements similaires ». Enfin, les factions se sont engagées à assurer l'accès aux humanitaires.


Cet accord intervient moins d'une semaine après l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur le déploiement au Darfour d'une force de paix mixte ONU-UA composée d'environ 26 000 hommes, qui devraient remplacer d'ici le 31 décembre les 7 000 hommes soldats de l'Union africaine, démoralisés, sous-payés et inefficaces.


La réunion d'Arusha, sous l'égide de l'Union africaine (UA) et des Nations unies, était la première à rassembler autant de factions rebelles, dont une dizaine opère actuellement au Darfour. Un accord de paix a déjà été conclu en mai 2006 à Abuja (Nigeria), mais n'a été signé que par une seule faction, le Mouvement/Armée de libération du Soudan de Minni Minawi. Depuis, les deux autres groupes rebelles ont éclaté en factions rivales.


« Un engagement concret »


Hier en fin d'après-midi, le gouvernement soudanais n'avait toujours pas réagi officiellement. Les deux médiateurs de l'accord, Jan Eliasson (ONU) et Salim Ahmed Salim (Union africaine) comptent demander un « engagement concret » de la part de Khartoum pour un cessez-le-feu.


L'accord interne à la rébellion pèche cependant par l'absence de deux figures clés : Abdel Wahid Mohammed Nour, qui vit en exil en France et a boycotté la réunion, et Suleiman Jamous qui est confiné par les autorités de Khartoum dans un hôpital au Soudan.


« Il y a une chaise qui attend M. Nour », a déclaré le médiateur de l'ONU. Paris a répondu hier aux vives critiques du gouvernement soudanais, qui a convoqué la semaine dernière l'ambassadrice de France à Khartoum pour lui faire part de « l'indignation du Soudan après l'incapacité de la France à amener Abdel Wahed Mohammed Nour ». La remontrance illustre sans doute l'agacement de Khartoum devant l'activisme français, Paris ayant accueilli le 25 juin une réunion du Groupe de contact élargi sur le Darfour. Un porte-parole du Quai d'Orsay a « regretté » la position du chef rebelle, qui dirige une faction dissidente du Sudan liberation movement (SLM).

# Posté le mardi 07 août 2007 07:27

Darfour: l'UA "soulagée" par la résolution sur l'envoi d'une force ONU-UA

'Union africaine (UA), qui dispose au Darfour d'une force de paix sous-financée, s'est dite mercredi "soulagée" de l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution prévoyant le déploiement d'une force de paix ONU-UA dans cette région de l'ouest du Soudan.

"L'UA est soulagée et ne peut que se réjouir entièrement" de cette résolution votée mardi, a déclaré à l'AFP le commissaire de l'Union africaine chargé de la paix et de la sécurité, Saïd Djinnit.




"C'est le couronnement d'un effort considérable (...). C'est le symbole de la collaboration ONU-UA (...). Aujourd'hui, le défi revient à l'ONU et à l'UA, en travaillant étroitement avec le gouvernement soudanais, de mettre en oeuvre cette opération inédite", a-t-il ajouté.

"Nous avons attendu beaucoup de temps (...). On s'était mis d'accord sur le principe d'une force mixte le 16 novembre", a-t-il cependant fait remarquer. "Même si on aurait souhaité que l'apport de l'ONU (...) soit intervenu plus tôt, on est soulagé qu'il y ait une perspective à court terme pour que le fardeau financier soit sous la responsabilité de l'ONU", a-t-il ajouté.

L'UA a déployé, depuis août 2004, une force de paix au Darfour, région du Soudan en guerre civile depuis 2003. Cette force, baptisée Amis et qui compte aujourd'hui 7.000 hommes, manque cruellement de moyens financiers et humains.

A la demande de l'UA, l'ONU avait accepté, en août 2006, de prendre le relais au Darfour, mais Khartoum s'y était farouchement opposé.

Après maintes tractations, la communauté internationale avait évolué vers une force mixte ONU-UA en novembre 2006. Le gouvernement soudanais avait accepté en juin 2007 le principe de cette force, et a approuvé mercredi la résolution votée la veille par le Conseil de sécurité prévoyant le déploiement d'une force hybride d'environ 26.000 hommes.

Selon M. Djinnit, "l'adoption de cette résolution confirme le fait que depuis quelques semaines, on est engagé dans un dialogue constructif avec le gouvernement du Soudan".

Interrogé sur les pays africains qui pourraient contribuer à la force mixte, le commissaire de l'UA a répondu que "le Rwanda et le Nigeria se sont engagés, il y a des mois, à mettre des bataillons supplémentaires" au Darfour.

"Maintenant qu'il y a des garanties financières, nous sommes convaincus que cela encouragera beaucoup de pays africains à faire des offres de contribution", a-t-il ajouté, précisant qu'une réunion devrait se pencher sur le dossier jeudi à Addis Abeba, qui abrite le siège de l'UA.

Cette réunion, à laquelle sont conviés les représentants des pays membres de l'UA, est destinée à "sensibiliser à la nécessité d'apporter des contributions" pour la force mixte au Darfour, a précisé M. Djinnit. Il s'agit "d'assurer le caractère africain prédominant de la mission, telle que prévue par la décision du Conseil de sécurité", a-t-il encore dit.

La guerre civile au Darfour a fait environ 200.000 morts et 2,1 millions de déplacés, selon l'ONU, des chiffres contestés par Khartoum.
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# Posté le mercredi 01 août 2007 12:41