USA, IRAK, DARFOUR : LES AMALGAMES DOUTEUX !

USA, IRAK, DARFOUR : LES AMALGAMES DOUTEUX !
Alors que 4,5 millions de personnes sont affectées par la crise du Darfour, dont environ un million n'a aucun accès à l'aide humanitaire et un autre million en bénéficie dans des conditions plus que précaires, alors que les exactions au Darfour ont déjà fait plus de 400 000 morts et que les témoignages de l'épouvante se multiplient, alors que les médias sont traqués publiquement par le pouvoir soudanais, la légitimité d'une action dans la province de l'ouest soudanais est fréquemment contestée en France sous prétexte d'absurdes amalgames.

On entend dire : « Tout ceux qui sont pour l'intervention au Darfour étaient pour l'intervention en Irak. » Grotesque. Aux Etats-Unis, l'administration Bush temporise alors que le Congrès, où l'opposition démocrate est majoritaire, prône quant à lui l'action au Darfour. Les Démocrates avaient remporté une victoire historique aux élections de mi-mandat du Congrès en novembre dernier en ayant justement fait campagne contre l'aventurisme du Président en Irak. Et c'est Georges W. Bush, téléguidé par le « super cabinet des affaires étrangères », le Département d'Etat, qui se montre le plus frileux sur les sanctions contre le Soudan ou le lancement d'un plan de déploiement d'une force conséquente de maintien de la paix.

Au Congrès, les Démocrates s'activent. Toujours engagés pour le retrait des troupes en Irak, ils s'élèvent publiquement contre tout immobilisme de l'administration Bush et prennent leur responsabilité. Le Sénat a d'ores et déjà voté le « Genocide Accountability Act » qui permet de poursuivre en justice, sur le sol américain, les auteurs de génocide dans d'autres pays, une résolution qui aujourd'hui concerne uniquement le Darfour, seul génocide actuel reconnu aux Etats-Unis. Dans le cadre des mesures plus drastiques, le « Sudan Divestment Authorization Act » (S.831) est dans l'antichambre du Sénat américain. Soutenu officiellement par 29 sénateurs, co-sponsors de cette résolution qui prévoit la suspension de toute subvention aux entreprises impliquées directement ou indirectement dans les atrocités du Darfour, ce texte n'est cependant toujours pas à l'ordre du jour du Sénat. Les organisations de défense des droits de l'homme, en particulier le collectif Save Darfur et Genocide Intervention Network, rechercheraient l'unanimité auprès des sénateurs pour des raisons politiques liées aux répercussions internationales de l'adoption d'une telle législation - l'objectif étant de ne pas donner une connotation partisane à une cause qui doit transcender les clivages politiques classiques. Il convient de rappeler que les Démocrates reçoivent généralement le soutien de certains Républicains au Congrès, ces derniers s'affranchissant aisément d'une quelconque primauté à l'administration Bush en la matière.

A la Chambre des Représentants c'est Donald Payne, Démocrate du New Jersey, qui « rappelle jour après jour », selon sa cons½ur Diane Watson, la nécessité d'une action au Darfour alors qu'au Sénat c'est Richard Durbin, Démocrate de l'Illinois et très proche de Barack Obama également partisan de la cause du Darfour, qui exhorte la représentation américaine à agir. Le 24 mai dernier en séance au Sénat, il adressait tant au Congrès qu'à la Maison Blanche un message retentissant :

« Comment nous jugera l'Histoire ? Nous jugera-t-elle pour avoir reconnu ce génocide en y apportant une réponse adaptée, ou nous jugera-t-elle pour avoir reconnu cette terrible tragédie sans y avoir apporté une quelconque réponse ? Il est temps d'agir. Nous devons faire plus. C'est simplement trop important et trop historique pour attendre plus longtemps. »

Donald Payne était-il pour la guerre en Irak ? Non. Richard Durbin y était-il favorable ? Non plus. Tous deux avaient voté contre le texte de loi autorisant la guerre en Irak en 2003. Il n'y a donc pas équivalence.

Sur le continent nord-américain, la crise du Darfour renvoie à bien d'autres événements du passé : le devoir de protection des peuples après la découverte effroyable de l'Holocauste, l'état de témoin apathique en 1994 pour le génocide des Tutsis du Rwanda, ou encore le combat contre le négationnisme et pour la prépondérance du droit sur les marchandages politiques concernant le génocide arménien. L'emploi par les plus hautes instances américaines et relais d'opinion du terme de « génocide » pour désigner les crimes contre l'humanité au Darfour – reconnus comme tels par l'Organisation des Nations unies – joue un rôle fondamental. Aux Etats-Unis, peut-être plus qu'ailleurs, le pallier de génocide entraîne des conséquences politiques réelles. Les motivations des uns et des autres divergent. D'un côté le Congrès américains, les personnalités de la société civile et les grands médias américains comme le New York Times, qui reconnaissent le génocide du Darfour, s'indignent de la paralysie internationale et fustigent les complices d'un régime criminel. De l'autre, l'Administration américaine, comprenant le Département d'Etat, qui instrumentalise le concept de « génocide » à des fins politiques. C'est indubitable. En caractérisant ainsi les exactions au Darfour, le président américain s'inquiète moins de l'aspect moral que de l'enjeu politique sous-jacent. Le président Bush a convaincu la nation américaine de la nécessité d'une réponse au Darfour. Ce qui semble tout à fait positif a priori, mais l'est beaucoup moins dans les faits, car la nature de la réponse, ou plutôt de sa réponse, diverge avec les besoins exigés de la situation sur le terrain.

Le 18 avril 2007, le président américain prononçait un discours au mémorial de l'Holocauste dans lequel il déplorait l'évolution de la situation au Darfour, mais n'imposait toujours pas de sanctions réelles au gouvernement soudanais. Une sorte d'énième dernière chance pour ces promoteurs de la haine. Le 29 mai 2007, le président Bush annonçait que le Département du Trésor américain allait imposer des sanctions contre 30 entreprises soudanaises, s'accumulant au 130 déjà existantes. Concernant l'effort politique nécessaire, l'administration américaine est trop peu effective. Les Etats-Unis pourraient se montrer plus volontaristes afin que la dernière phase, la plus importante du plan d'Addis Abeba, puisse aboutir. Au terme de ce plan, une force hybride ONU-UA de maintien de la paix, composée de 20 000 hommes, devrait être déployée au Sud-Soudan. C'est un minimum, bien loin d'être obtenu à ce jour. Ces bataillons doivent avoir des mandats clairs et des équipements conséquents et adaptés. L'état-major américain devrait donc s'activer, ½uvrer en partenariat avec les Etats sensibilisés à la situation au Darfour, convaincre la Chine, et conquérir une majorité au Conseil de Sécurité de l'ONU. Or cela les Etats-Unis ne le font pas. Au contraire, leur réponse à la crise du Darfour relève plus d'un calcul politique et diplomatique étriqué préservant le gouvernement de Khartoum. Des explications ? Sans doute obtenir de lui une collaboration dans le cadre de la lutte anti-terroriste, d'autant plus qu'Oussama Ben Laden a passé quelques années au Soudan pour préparer son organisation terroriste. Mais on peut aussi émettre d'autres hypothèses. La mainmise sur le pétrole soudanais ? Peut-être. Mais bien plus probable est l'intérêt que pourrait porter l'administration américaine à la situation géographique du Soudan. Comme on sait, les attentats du 11 septembre 2001 ont fait renaître une psychose dans la société américaine et chez les diplomates du Département d'Etat qui s'inquiètent de la protection de leurs propres intérêts qu'ils croient en perpétuel danger, et l'on connaît l'intérêt porté par Washington pour le Moyen-Orient. Situé de l'autre côté du canal de Suez, le Soudan possède des frontières communes avec la Lybie et l'Egypte, qui n'entretiennent pas nécessairement une relation fraternelle avec les Etats-Unis tout en jouant un rôle important dans le monde arabe et la région en générale. L'enjeu géopolitique du Soudan est réel si l'on se concentre sur la protection des intérêts américains gravement mis à mal au Moyen-Orient avec les difficultés en Irak. Les troupes américaines étant confrontées à de nombreux fronts aux quatre coins du monde, obtenir sans combattre le contrôle sur les responsables soudanais pourrait s'avérer une aubaine pour le Département d'Etat américain. Autrement dit, les Etats-Unis pourraient utiliser la crise du Darfour comme moyen de pression pour obtenir l'assentiment total du gouvernement soudanais à leurs objectifs stratégiques en matière de sécurité. Aussi surprenante soit-elle, cette thèse n'est pourtant pas dénuée de sens. Pourquoi les Etats-Unis se dérobent-ils derrière les promesses hypocrites du gouvernement soudanais pour ne pas envoyer en collaboration avec des Etats alliés sur la question – la plupart dans l'Union européenne – un bataillon dans le Sud-Soudan ? Ne l'ont-ils pas fait pour moins que ça avec moins d'alliés dans un passé proche ? Lorsqu'on se souvient des récentes rencontres entre le chef des services secrets soudanais et l'administration américaine, on est en droit de se demander si l'utilisation du Darfour comme simple moyen de pression ne fonctionne pas déjà.

Evidemment, on s'inscrit ici dans la conjecture, le registre de l'hypothétique. Dans tous les cas, il est certain que l'administration joue à un double jeu sur la question du Darfour, avec une diplomatie très forte mais une absence étonnante d'actes. On est à l'évidence bien loin du cas irakien. La polémique française n'a donc pas lieu d'être. Il est plus que jamais temps de mettre de côté les polémiques infondées et autres conflits d'intérêts (le pétrole pour les Chinois, la géopolitique pour les Etats-Unis) pour se concentrer sur la seule véritable question importante : la protection de vies humaines au Darfour. La France et l'Union européenne doivent prendre des initiatives internationales et entraîner dans leur sillage les Etats-Unis qui ne pourront s'opposer à des engagements qui s'inscrivent dans la logique des discours formulés par toutes les institutions américaines. Il faut les prendre au mot et utiliser la faille, la contradiction dans le jeu pervers mené par les Etats-Unis.

Mais ne l'oublions pas : la stratégie américaine d'instrumentalisation du Darfour n'est applicable que tant que le moyen de pression perdure. Pour la Maison Blanche, la crise du Darfour constitue ce levier politique formidable permettant de mettre sous contrôle le gouvernement soudanais. On peut ainsi soupçonner le gouvernement Bush d'une bonne dose de cynisme, et douter de son intérêt à prendre des mesures fortes contre Khartoum pour résoudre la crise du Darfour.

Jules BOYADJIAN

# Posté le dimanche 22 juillet 2007 06:27

Sarkozy et Brown en plein Darfour

Sarkozy et Brown en plein Darfour
Le Président français et le Premier Ministre britannique se sont dits prêts à "aller ensemble au Darfour" à l'issue d'un entretien au Palais de l'Elysée, le vendredi 20 juillet 2007. Politique ou spectacle.

Les avis divergent après les déclarations enflammées du Président français Nicolas Sarkozy et du Premier Ministre anglais Gordon Brown à l'issue de leur entretien du vendredi 20 juillet 2007 au Palais de l'Elysée, à Paris. Est-ce parce que Gordon Brown s'est laissé entraîner par l'activisme de Nicolas Sarkozy ? Est-ce parce qu'ils ont été l'un et l'autre piqués par une mouche africaine ? Toujours est-il que leur annonce spectaculaire soulève beaucoup de scepticisme en Afrique.

Deux Superman pour le prix d'un ?


L'idée même que leur déplacement au Darfour pourrait changer de fond en comble la situation de cette région du Soudan, livrée à la misère, à la famine, à la pauvreté, aux affrontements religieux et claniques, aux pillages des rebelles ou des milices... Cette idée relève d'une grande naïveté, ou d'une étonnante arrogance.

Quoi, les deux anciennes puissances coloniales se sentent-elles soudain pousser des ailes, dès lors que les Etats-Unis leur laissent le champ libre sur cette partie de l'Afrique, trop enlisés au Moyen-Orient pour venir leur disputer ce terrain de jeu désertique, et dès lors que la Chine accepte de mettre sous le boisseau ses bons rapports avec Khartoum, le temps de laisser passer els Jeux Olympiques sans trop de heurts ?

Gesticulation pathétique

Mais il y a quelque chose de pathétique, et pour le Darfour, et pour la France et la Grande Bretagne, dans cette gesticulation sans portée ! Comment MM. Sarkozy et Brown se rendraient-ils au Darfour, région du Soudan, pays souverain, de leur propre initiative et contre la volonté du gouvernement soudanais ?

Ce n'est pas parce que Bernard Kouchner s'est rendu au Tchad, pays encore en paix, et largement investi par les troupes françaises, que MM. Brown et Sarkozy pourraient débarquer en hélicoptère au Darfour, et faire magiquement cesser les massacres qui s'y déroulent loin des yeux occidentaux et loin de toute route de communication facile...

Envoyer des troupes internationales

Tout cela passe donc d'abord par le débarquement au Soudan d'une force militaire internationale, sous mandat de l'ONU, qui aurait pour mission de sécuriser et de pacifier le Darfour. Entre 15000 et 20000 hommes, sous commandement onusien. Difficile de savoir si la menace d'un déplacement en personne des dirigeants politiques français et anglais suffira à faire plier Khartoum, ou si la perspective de leur débarquement victorieux, à la suite des casques bleus et des soldats de l'Union africaine, risque au contraire de raidir la position des dirigeants soudanais...

Toujours est-il que les associations humanitaires et les spécialistes de la région lèvent les bras au ciel : on ne règlera pas le conflit qui se déroule au Darfour avec des moulinets de bras... Il y faut un traitement de fond, politique et économique, des drames humains qui se jouent là. Et ce traitement ne se fera pas sans l'implication volontaire des pays concernés. Auquel il faudrait commencer par assurer les moyens de mettre en oeuvre une politique de réconciliation qui passe par le développement, la reconstruction, des moyens alimentaires, scolaires, sanitaires.

Les soldats, c'est une chose. Mais recoudre un tissu national en lambeaux et cicatriser des plaies ouvertes... C'est un travail de fond. Mais naturellement, cela fait moins de spectacle qu'une escapade en hélico dans les camps de réfugiés.

# Posté le samedi 21 juillet 2007 04:17

Espoir de paix au Darfour

Espoir de paix au Darfour
Un immense lac a été découvert dans cette région du Soudan, frappée par la sècheresse, et pourrait favoriser le processus de paix.

La récente découverte d'un immense lac souterrain ancien au Darfour à l'aide de satellites pourrait mettre fin au conflit dans cette région du Soudan dévastée par la sécheresse en fournissant une source abondante d'eau, a estimé mercredi 18 juillet un géologue américain.

"Un accès à de l'eau douce est essentiel pour la survie des réfugiés, pour faciliter le processus de paix et fournir les ressources nécessaires au développement économique du Darfour", a expliqué Farouk El-Baz, directeur du centre de télédétection de l'Université de Boston (Massachusetts, nord-est), dans un entretien avec l'AFP.

A la suite de cette découverte, objet d'une communication scientifique officielle il y a un mois dans l'International Journal of Remote Sensing, le gouvernement soudanais a lancé une initiative baptisée "Mille puits pour le Darfour" afin de lever des fonds nécessaires aux forages.


Superficie de 30.750 km2


L'Egypte a déjà promis de forer les vingt premiers puits gratuitement et les Nations unies ont demandé de l'aide pour sélectionner les sites de forage afin de fournir de l'eau aux 20.000 hommes devant être déployés au Darfour dans le cadre d'une force conjointe ONU-Union africaine, a précisé le géologue.
Le lac souterrain se situe en altitude à 573 mètres au-dessus du niveau de la mer. Sa superficie de 30.750 km2 est légèrement supérieure à celle du lac Erie, un des cinq grands lacs nord-américains.
Ce lac pourrait avoir contenu jusqu'à 2.530 km3 d'eau par le passé, quand il était plein lors des périodes humides.
"Une chose est certaine, la plus grande partie de l'eau du lac s'est infiltrée à travers le substrat pour s'accumuler dans le sous-sol", a expliqué Farouk El-Baz.


Grâce à trois satellites


Cette découverte a été faite grâce à des observations avec trois satellites, l'un de la Nasa, l'agence spatiale américaine, un autre appartenant au Canada et un troisième du Pentagone, qui a permis d'obtenir des images en trois dimensions de la topographie du sous-sol.

L'idée de cette recherche au Darfour est née de la découverte il y a une décennie d'une importante poche d'eau souterraine en Egypte au nord du Darfour et qui est aujourd'hui exploitée pour irriguer 60.000 hectares de cultures, a expliqué Farouz El-Baz.

Le conflit au Darfour, qui dure depuis plus de quatre ans, a fait plus de 200.000 morts et deux millions de déplacés, selon des organisations internationales, des chiffres contestés par Khartoum.

Une conférence sur la guerre civile au Darfour qui a réuni 18 pays et organisations s'est achevée lundi à Tripoli en Libye dans une atmosphère d'optimisme en décidant de relancer le processus politique afin de rétablir la paix dans cette région. (AFP)



# Posté le jeudi 19 juillet 2007 14:59

Darfour: l'UE songe à envoyer une force militaire au Tchad et Centrafrique

Les 27 devraient autoriser lundi le lancement de préparatifs pour l'envoi, à la demande de l'ONU, de soldats européens au Tchad et en Centrafrique, afin de protéger les civils affectés par le conflit du Darfour, au Soudan, ont indiqué mercredi des diplomates.

Réunis à Bruxelles le 23 juillet, les ministres européens des Affaires étrangères devraient donner leur feu vert à une étude des modalités et du cadre de cette mission, en attendant la vraie "décision politique" d'autorisation de déploiement qui "pourrait être prise en septembre", selon ces diplomates.

"Le déploiement pourrait alors commencer en octobre, en phase avec ce que feront les Nations unies" de leur côté, a ajouté l'un d'entre eux.

Selon un autre diplomate, la taille de la force européenne reste à préciser. Mais sur ce genre de missions, "on tourne souvent autour de 1.500 à 2.500 soldats", a-t-il souligné.

"L'ossature de cette force serait française", a-t-il précisé, la France disposant déjà de forces basées en permanence dans les deux pays.

"Mais, a souligné le premier diplomate, la participation d'autres Européens est souhaitée, question qui devrait également trouver une réponse dans les semaines à venir".

Ce point préoccupe des organisations non gouvernementales. Human Rights Watch a souligné mardi la nécessité d'éviter toute confusion entre force européenne et française, étant donné les liens politiques entre Paris et les gouvernements du Tchad et de la RCA.

Selon le secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno, qui a discuté ce projet lundi et mardi à Bruxelles avec les représentants des 27, "il y aurait 300 policiers de l'ONU pour encadrer une force de police constituée de 850 policiers tchadiens sélectionnés, formés et encadrés. Et, en appui, une force militaire européenne, qui devra protéger les civils, les policiers de l'ONU et les humanitaires".

"Cette force, a-t-il souligné dans une interview publiée mercredi par le journal bruxellois Le Soir, ne sera pas focalisée sur la frontière mais devra être active dans une zone de 900 km de long et de 200 à 400 km de large".

Au Tchad seul, a souligné M. Guéhenno, "on a recensé dans une vaste zone située le long de la frontière, 236.000 réfugiés du Darfour, 173.000 déplacés tchadiens, tandis que 700.000 habitants de cette région sont affectés."

La moitié nord de la RCA est quant à elle le théâtre depuis deux ans d'une recrudescence des attaques de "coupeurs de route" et, plus récemment, de raids menés par des rebelles hostiles au président François Bozizé, durement réprimés par les forces de sécurité.

L'idée d'une mission de police de l'ONU appuyée militairement par l'UE, proposée en février dernier, n'a été acceptée que récemment et sous conditions par N'Djamena et Khartoum, d'abord réticents
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# Posté le mercredi 18 juillet 2007 14:02

Rice reproche au Soudan de mener une "diplomatie du chat et de la souris"

Rice reproche au Soudan de mener une "diplomatie du chat et de la souris"
secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a reproché mercredi au régime de Khartoum de mener "une diplomatie du chat et de la souris", en faisant des promesses à répétition à propos du Darfour, sans les tenir.

"La force hybride UA/ONU de maintien de la paix est essentielle pour améliorer la sécurité des habitants du Darfour, afin qu'ils puissent rentrer chez eux", a déclaré la chef de la diplomatie américaine au cours d'une conférence consacrée aux liens entre le continent américain et l'Afrique.

"Il ne faut pas laisser le gouvernement du Soudan poursuivre sa diplomatie du chat et de la souris, faire des promesses et ensuite faire marche arrière", a ajouté Mme Rice devant des délégués de l'Organisation des Etats américains (OEA) et de l'Union Africaine (UA).

"Il est de notre responsabilité de faire répondre le Soudan de ses actes", a-t-elle conclu.

"En tant que démocraties, nous devons nous montrer résolus à mettre fin aux souffrances et à la violence au Darfour", a-t-elle poursuivi. "Trop de gens sont morts, trop de femmes ont été violées et trop d'enfants arrachés à leur famille".

Le président soudanais Omar el-Béchir vient finalement d'accepter le déploiement au Darfour d'une force de maintien de la paix commune ONU/UA de quelque 20.000 hommes, après des mois de refus.

Un projet de résolution est en préparation à l'ONU pour permettre le financement de cette opération hybride qui remplacera la force africaine de 7.000 hommes sous-équipés et jugés inefficaces.

Cette force est jugée nécessaire pour stabiliser le Darfour, dans l'ouest du Soudan, où depuis le début de la guerre en 2003, quelque 200.000 personnes sont mortes et le nombre de déplacés a dépassé les 2 millions, selon des estimations d'organisations internationales, contestées par Khartoum.

Les Etats-Unis ont annoncé fin mai de nouvelles sanctions américaines contre Khartoum. Ils poussent aussi à de nouvelles sanctions internationales contre le régime de M. Béchir.

Mme Rice a souligné au cours de son allocution la nécessité pour les pays d'Afrique et d'Amérique latine de défendre la démocratie, notamment en organisant des élections libres et en luttant contre la corruption. Outre le Soudan, elle a cité plus particulièrement Cuba et le Zimbabwe.

"Nous devons apporter notre soutien au grand peuple de Cuba, qui lutte encore pour la liberté et les opportunités. Nous devons apporter notre soutien aux hommes et aux femmes du Zimbabwe, qui subissent un mauvais gouvernement et souhaitent une vie meilleure", a-t-elle déclaré.

"Parce que malgré de grands progrès et de grandes opportunités dans nos pays aujourd'hui, il y a encore de grandes et tragiques souffrances: des citoyens à qui l'on refuse tout avancement économique et toute justice sociale, des citoyens qui commencent à se demander si la démocratie peut vraiment répondre à leurs espoirs de vie meilleure", a-t-elle déclaré.

Elle a appelé les gouvernements d'Amérique du Sud et d'Afrique à "favoriser, et non gêner, les progrès sociaux et économiques de leur peuple".

# Posté le mercredi 11 juillet 2007 18:27