Darfour : les attaques contre le personnel humanitaire ont triplé en un an

La poursuite des violences contre les civils au Darfour a fait 160.000 déplacés de plus cette année, pour atteindre le chiffre de 2,1 millions de personnes, tandis que parallèlement « le nombre des attaques contre la communauté humanitaire a triplé au cours de l'année écoulée », affirme le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

Le résultat de cette situation est que le « nombre total de civils ayant besoin d'une assistance s'élève désormais à 4,2 millions de personnes », souligne un communiqué publié aujourd'hui à New York.

« En juin, sur six convois au départ des capitales provinciales du Darfour, un convoi faisait l'objet d'une embuscade ou d'un détournement ». « Depuis le mois de janvier, 64 véhicules appartenant aux agences des Nations Unies ont été détournés, alors que 132 personnels humanitaires ont été temporairement détenus, souvent sous la menace des armes », souligne OCHA.

En tout, depuis le début de l'année, plus de 35 convois ont été pillés et volés. Quatre membres du personnel local ont été tués, ainsi que 11 soldats de la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS).

Selon John Holmes, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, « bien qu'il y ait eu des progrès dans le domaine politique et du maintien de la paix, et même que les obstacles bureaucratiques à l'accès humanitaire aient été réduits, les embuscades mettent en danger toute l'opération d'assistance ».

Il y a à l'heure actuelle 13.000 travailleurs humanitaires au Darfour pour 4 millions de personnes.

« Manifestement, nous n'abandonnerons pas – les besoins sont trop grands », a ajouté John Holmes, qui a appelé toutes les parties à un cessez-le-feu.
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# Posté le mercredi 11 juillet 2007 18:25

Modifié le jeudi 12 juillet 2007 07:11

Le drame du Darfour et l'étrange silence des «frères» arabes

Le drame du Darfour et l'étrange silence des «frères» arabes
Le soutien des Etats-uniens et de leurs alliés occidentaux et israéliens aux insurgés du Darfour suffit-il pour justifier, aux yeux des Arabes et des Musulmans, le silence assourdissant qu'ils observent à propos de ce drame ?

Notre compassion pour les Palestiniens, qui est tout à fait compréhensible, nous dispense-t-elle du devoir de compassion pour les autres peuples qui souffrent, comme celui du Darfour ?


La guerre civile au Darfour, région soudanaise majoritairement peuplée d'Arabes musulmans - il s'agit, en fait, de tribus arabisées et islamisées depuis des siècles -, a fait, depuis le printemps 2003, plus de 200 000 morts, civils pour la plupart, victimes d'attaques mais aussi de famine et de maladie, 2 millions de déplacés, 230 000 réfugiés au Tchad et en République centrafricaine.

Face à un drame d'une telle ampleur, le «silence tue», a déclaré mardi dernier le président français Nicolas Sarkozy, à l'ouverture d'une réunion internationale à Paris consacrée au Darfour, déplorant la faible mobilisation de la communauté internationale en faveur des habitants de cette région aussi vaste que la France. Que dire alors du silence des Arabes et des Musulmans devant un drame dont les victimes - comme les agresseurs - sont pour leur majorité arabes et musulmans ?

Activisme diplomatique sur le Darfour et immobilisme sur la Palestine

Nous ne nous attarderons pas ici sur les causes de ce conflit qui se déroule encore dans l'Est du Soudan. Ces causes sont politiques, économiques et géostratégiques, puisqu'il s'agit d'une lutte pour le contrôle de ressources vitales convoitées par des puissances étrangères (pétrole, eau et terre), comme c'est souvent le cas dans les conflits en Afrique.



Nous essayerons seulement de répondre aux questions suivantes : pourquoi ce conflit n'intéresse-t-il que très marginalement la presse et l'opinion publique dans le monde arabe et musulman ? Pourquoi les souffrances des gens du Darfour - qui sont, répétons-le, tout aussi arabes et musulmans que leurs agresseurs présumés, les miliciens janjawid -, inspirent-elles si peu - ou pas du tout - de compassion à la plupart des chroniqueurs arabes et musulmans?

La «communauté internationale», à travers le Conseil de sécurité de l'ONU, s'est beaucoup mobilisée pour le Darfour, qui a bénéficié, en trois ans, de pas moins de onze résolutions - la dernière en date est la 1706, du 31 août 2006, qui prévoit le transfert à l'ONU de la mission de paix confiée en 2004 à l'Union africaine -. En comparaison, la Palestine semble complètement oubliée. Cela a de quoi nourrir la suspicion des Arabes et des Musulmans, qui ne voient pas d'un bon ½il l'activisme diplomatique de l'administration américaine et de ses alliés occidentaux sur le Darfour et leur quasi-immobilisme sur la Palestine, un problème autrement plus brûlant à leurs yeux.

En annonçant, le 15 mars dernier, au cours d'une conférence conjointe avec son homologue israélienne Tzippi Livni - simple coïncidence ou clin d'½il volontaire ? -, que «de nouvelles options étaient à l'étude» contre le Soudan, qui «doit comprendre que la communauté internationale ne peut pas rester inactive alors que les gens souffrent», la secrétaire d'Etat américaine Condoleeza Rice n'a pas rendu la cause du Darfour particulièrement «sympathique» au regard des Arabes et des Musulmans, d'autant que la fermeté des Etats-uniens envers le Soudan, pays membre de la Ligue arabe et de l'Organisation de la Conférence islamique, n'a d'égale que leur complaisance à l'égard d'Israël. Comment expliquer, en effet, que ce soit la même puissance, les Etats-Unis, qui dénonce les atrocités commises par les milices proches du régime de Omar Al-Bachir et ferme les yeux sur celles d'Israël dans les territoires palestiniens ? Comment expliquer aussi que les Palestiniens restent sous occupation militaire depuis plusieurs décennies sans que la soi-disant «communauté internationale», souvent frappée d'impuissance par le veto des Etats-Unis, ne parvienne à faire appliquer par Israël les résolutions onusiennes le concernant ?

Bruno Guigue, auteur de ''Proche-Orient : la guerre des mots'' (éd. L'Harmattan, Paris 2003) a avancé cette réponse: «Le Darfour cumule trois avantages de nature à susciter un réflexe compassionnel outre-Atlantique: il est géographiquement éloigné (exotisme propice à l'épanchement), son malheur est étranger à toute influence américaine (bonne conscience garantie), il est victime de la cruauté supposée du monde arabo-musulman (confort idéologique assuré).»

Entre les «idiots utiles» et les parfaits cyniques

La cause du Darfour est défendue, aujourd'hui, par quelques «idiots utiles», comme les stars George Clooney, Angelina Jolie et Julien Clerc, et de parfaits cyniques comme le musée de l'Holocauste à New York, les diverses associations juives, de loin les plus actives, et les milieux chrétiens évangélistes, aux Etats-Unis, et, en France, Bernard Kouchner, récemment nommé ministre des Affaires étrangères, l'écrivain Bernard-Henry Lévy, toujours prompt à traquer «l'islamo-fascisme» partout où il imagine le trouver, quitte à dénaturer les faits et à tordre le coup à la vérité, ainsi que les activistes du collectif «Urgence Darfour», intellectuels francs-maçons, chrétiens et juifs, tous animés des mêmes réflexes anti-arabes et anti-musulmans. L'indignation sélective de toutes ces gens, qui établit une différence entre les «bonnes victimes» au Darfour et les «mauvaises victimes» en Palestine, ne sert pas la cause du Darfour dans le monde arabe et musulman. Elle permet surtout au gouvernement de Khartoum d'invoquer la solidarité arabe contre l'ingérence occidentale et à stigmatiser la politique des «deux poids, deux mesures».

Le drame du Darfour n'est donc pas le seul sur la planète. Les Irakiens, Palestiniens, Afghans et autres Tchétchènes vivent des drames similaires. Mais est-ce une raison pour ne pas lui accorder l'attention qu'il mérite ? La compassion pour les Palestiniens, qui est compréhensible, nous dispense-t-elle du devoir de compassion pour les autres peuples qui souffrent ? De même, le soutien des Etats-uniens et de leurs alliés occidentaux et israéliens au Darfour suffit-il à justifier, aux yeux des Arabes et des Musulmans, le silence assourdissant qu'ils observent face à ce drame ? Peut-on critiquer l'indignation sélective et la politique des «deux poids, deux mesures» chez les Américains, les Européens et les autres et la pratiquer nous-mêmes en retour ?

Non, bien sûr, le drame du Darfour mérite qu'on en parle plus souvent dans nos médias arabes. Pour appeler le gouvernement soudanais à mettre fin aux attaques des milices contre les populations civiles et à poursuivre les agresseurs. Et non seulement, comme certains de nos médias le font aujourd'hui, pour dénoncer l'acharnement des puissances occidentales sur le régime de Khartoum ou pour dénoncer leurs desseins stratégiques cachés dans cette région qui regorge de ressources naturelles. C'est là, pour nous, un devoir à la fois politique, moral et intellectuel.

# Posté le mardi 03 juillet 2007 14:49

Alors qu'il fait l'objet de pressions pour le Darfour , Le président soudanais critique les pays occidentaux

S'il n'était pas le principal sujet à l'ordre du jour du sommet de l'UA, qui va se clôturer à Accra, le Darfour s'était invité dans les discussions informelles et à la veille de son ouverture, le président soudanais a accusé les pays occidentaux de s'immiscer dans les affaires internes de son pays pour servir leurs propres intérêts. Le président Omar el-Béchir, qui a annulé son déplacement au Ghana en raison du décès d'un de ses collaborateurs, était tombé à bras raccourcis sur ces pays lors d'une téléconférence depuis Khartoum, accusant certains d'entre eux, sans les nommer, de s'être impliqués seulement pour ce qu'ils gagneront des ressources du peuple soudanais.
À l'inverse, les Occidentaux accusent la Chine de soutenir le Soudan qui lui fournit l'essentiel de ses approvisionnements en pétrole. Le président soudanais n'a pas fait le voyage à Accra pour ne pas subir les remontrances de ses pairs.
La crise du Darfour, une crise majeure, selon les Occidentaux, a récemment donné lieu à une conférence ministérielle internationale à Paris à laquelle n'était pas présent le Soudan. Le mois dernier, Khartoum a accepté le principe du déploiement d'une force hybride ONU-UA au Darfour après avoir longtemps tergiversé.
Des organisations de la société civile ont appelé les chefs d'État africains à agir résolument et pratiquement lors du sommet de l'UA pour fournir une protection immédiate aux civils du Darfour, selon un communiqué de la plus grande ONG humanitaire, Oxfam.

# Posté le lundi 02 juillet 2007 19:03

Darfour: le président soudanais met en garde l'Occident

Darfour: le président soudanais met en garde l'Occident
Le président soudanais Omar el-Béchir a adressé ce week-end une mise en garde aux Occidentaux afin qu'ils ne cherchent pas à résoudre la crise du Darfour comme ils ont agi en Irak. Il a particulièrement visé les Etats-Unis.

L'Occident a fait du "battage" autour de la crise du Darfour en raison de son intérêt pour le pétrole dont regorge le Soudan, a déclaré samedi le président Béchir. Il était interviewé à Khartoum par la presse depuis Accra au Ghana, où se déroule ce dimanche et pour trois jours le sommet de l'Union africaine. Omar el-Béchir a annulé sa participation à ce sommet en raison du deuil observé dans son pays à la suite de la mort accidentelle de l'un de ses conseillers.

"Les Etats-Unis ont l'intention de faire au Soudan les mêmes erreurs qu'ils ont commises en Irak", a poursuivi Omar el-Béchir. Selon lui, la plus grande partie du Darfour "est sécurisée". "La situation sur le terrain s'améliore et les personnes déplacées retournent volontairement dans leur village".

"Les seules exactions commises désormais au Darfour sont des exactions normales tels que des vols et la police fait de son mieux pour les faire régresser", a encore affirmé le président soudanais.

Le conflit au Darfour (ouest du Soudan), entre les rebelles issus des populations locales noires, qui réclament un partage équitable des ressources et plus d'autonomie pour leur région, et les milices arabes soutenues par l'armée soudanaise, a fait 200'000 morts depuis février 2003 et plus de 2,1 millions de déplacés, selon des organisations internationales. Ces chiffres sont contestés par le régime de Khartoum.

Le Soudan a accepté le 12 juin sans condition une force hybride pour le Darfour. Plus de 20'000 hommes, avec la participation de l'ONU, doivent remplacer les troupes déployées par l'Union africaine dans cette région.

# Posté le dimanche 01 juillet 2007 17:44

Tchad: Sens inverse!Des Tchadiens se réfugient au Darfour,

 Tchad: Sens inverse!Des Tchadiens se réfugient au Darfour,
Près de 25.000 Arabes de nationalité tchadienne se sont installés ces derniers mois dans la province soudanaise du Darfour à la suite des violences intercommunautaires qui ont ensanglanté l'est du Tchad, a-t-on appris jeudi de sources humanitaires. Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a engagé une enquête sur le terrain pour déterminer la nature de ces mouvements et l'origine des populations déplacées, a-t-on précisé de mêmes sources.
Selon ces sources, une large partie d'entre elles a quitté le Tchad à la suite des violences qui ont opposé d'octobre à avril derniers des nomades arabes aux communautés sédentaires africaines.

"Un millier de familles arabes de la zone ont fui à la même époque du Tchad vers le Darfour, apparemment par peur de représailles des Dadjos", une ethnie africaine dont plusieurs villages ont été attaqués, a affirmé un porte-parole du HCR au Tchad, Matthew Conway.

"C'est un problème compliqué, parce que ce sont des Arabes qui viennent s'installer (au Darfour) dans des villages africains désertés par les populations", a pour sa part estimé un responsable humanitaire basé au Darfour.

"Ce que l'on craint, c'est qu'il y ait parmi eux des gens qui ont participé aux attaques contre des villages africains au Tchad", a-t-il ajouté.
Selon les ONG humanitaires et les agences de l'ONU, les violences des derniers mois entre communautés tchadiennes ont fait des centaines de morts et déplacé quelque 150.000 personnes.

# Posté le jeudi 28 juin 2007 19:09